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Tlemcen, l'ancienne capitale des Zianides, ne se contente pas d'être une ville d'art et d'histoire, elle occupe une place de choix dans l'histoire de la musique arabo-andalouse. Si son architecture témoigne d'un passé glorieux, sa musique en est l'âme vibrante.
1- L'exode de 1492 : Quand Grenade s'installe à Tlemcen.
L'identité musicale de Tlemcen est indissociable de la chute du royaume de Grenade en 1492. Cette époque, la ville devient une terre d'asile privilégiée pour les familles andalouses fuyant la Reconquista. Ces réfugiés n'ont pas seulement apporté leurs clefs et leurs souvenirs,mais aussi un savoir-faire musical.
C'est sous l'influence de ces réfugiés que s'est consolidée l'école du Gharnati (en référence à Grenade), caractérisée par la structure rigoureuse de la Nouba. Contrairement aux écoles d'Alger (Sanâa) ou de Constantine (Malouf),le style tlemcénien se distingue par une douceur mélodique et une précision instrumentale où le R'beb, le luth (Oud) et la Kwîtra (luth à manche court typiquement maghrébin) dialoguent avec élégance.
2- Tlemcen le berceau du Hawzi.
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1- Le Hawzi une mémoire vivante.
A Tlemcen la musique n'est pas qu'un art, c'est une mémoire vivante. Dans les ruelles de la vieille ville il n'est pas rare d'entendre les notes lentes et raffinées d'un hawzi, ce genre musical né ici, mêlant l'héritage andalou à la sensibilité populaire locale. Un maître, jadis interrogé lors du festival du hawzi confiait :
"Cette musique, c'est la pudeur et la passion dans une même phrase. Elle raconte ce que les mots seuls ne peuvent dire".
Si le Gharnati représente l'aspect académique et savant, le Hawzi est l'expression d'une mutation géniale. Le mot lui-même dérive de l'arabe hawz, signifiant "la périphérie" ou les alentours de la ville.
Tlemcen est le berceau du hawzi, né au XVIe siècle, un genre musicale citadin populaire issu de la musique andalouse. Les poèmes hawzi, souvent écrits en dialecte local (Dardja), explorent des thèmes variés tels que l'amour, la nature et la religion. La plupart des textes datent du XVIIe et XVIIIe siècle, ils existent des texte plus ancien. Les morceaux sont plus longs, plus narratifs, permettant aux interprètes d'exprimer une "pudeur passionnée".
Le festival national de la musique hawzi, organisé chaque année à Tlemcen, célèbre cet héritage musical unique, ainsi que le festival HADARAT AL ANDALOUS..
2- L'héritage immortel de Cheikh Larbi Bensari.
Aux côtés du hawzi, le Gharnati incarne l'âme noble et structurée du répertoire tlemcénien. Au sommet de cette pyramide musicale trône une figure légendaire et respectée dans tout le monde arabo-andalou, Hadj Larbi Bensari (1867-1964). Véritable patriarche de l'école de Tlemcen, il a non seulement préservé la rigueur de la Nouba, mais il a aussi porté la voix de l'Algérie bien au-delà de ses frontières.
Le moment de gloire international survient en mars 1932, lors premier congrès de la musique arabe au Caire. Sous l'égide du roi Fouad Ier, l'orchestre fondé par Hadj Larbi Bensari, stupéfie l'audience par la précision de ses modes. Ce n'était pas seulement une performance, mais une preuve de la survie de l'Andalousie en Algérie. Accompagné par ses 2 fils Redouan et Mohamed, assurant la transmission directe, Ahmed BEN SARI, Abdallah BEN MANSOUR, Khalid OULD JEDI AISSA, Abdelmajid SETTOUTI, Omar BEKHTI. Cet orchestre a permis de codifier des morceaux qui, sans cet enregistrement historique, auraient pu dépérir avec le temps.
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| Hadj Larbi BEN SARI |
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| Ecole Gharnati |
3- Le Hawfi, la voix secrète des femmes.
Parallèlement à la rigueur masculine du Gharnati, Tlemcen cache un trésor plus intime, le HAWFI. A l'origine, ce genre n'était pas destiné à la scène. C'était une poésie féminine, chantée dans les patios fleuris, près des fontaines ou lors des cérémonies de balançoire (douda).
Cheikha Tetma, (née en 1891 à Tlemcen et est morte le 22 avril 1962) à révolutionné cet usage. Véritable pionnière du hawfi, elle brisa les codes, en sortant le hawfi de la sphère domestique, elle est devenue la première femme à chanter professionnellement ces poèmes jadis murmurés dans les intérieurs. Le hawfi est un autre élément important du patrimoine musical de Tlemcen. Sa voix limpide capable de naviguer entre la mélancolie du hawzi et la légèreté du hawfi, a ouvert la voie à d'autres grandes dames comme Meriem Fekkaï ou Fadila Dziria, prouvant que la transmission de la mémoire andalouse était aussi une affaire de femmes.
Aujourd'hui, l'école de Tlemcen se distingue par son respect du "mizane" (rythme) et la conservation de pièces rares que l'on ne trouve ni à Alger, ni à Constantine. Des associations comme "la grenade" ou "el-ahbab" continue de former des jeunes au maniement du R'beb et de la Kwîtra, grantissant que le souffle d'Al-Andalus ne s'éteigne jamais dans les ruelles de la cité des Zianides.
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| Cheikha Tetma |
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4- L'héritage de Ziryab, de Bagdad aux jardins de Tlemcen.
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Au coeur de l'identité tlemcénienne bat le rythme de la Nouba, cette suite orchestrale symphonique savantes importées par Abu al Hassan Ali ibn Nafi, plus connu sous le surnom de Ziryab "le merle noir", en raison de son teint sombre et de la clarté de sa voix.
Né en 789 en Irak, Ziryab était bien plus qu'un musicien ; c'était un savant polymathe, il a eu une formation scientifique et littéraire. Son destin bascule à la cour de Bagdad. Son maître, le célèbre ISHAQ AL MAWSILI, jaloux de voir son élève surpasser son propre talent auprès 5ème calife abbasside, HAROUN AL RASHID BEN MUHAMMED BEN EL MANSOUR, le contraint à l'exil.
Il séjournera à Kairouan en Tunisie, c'est à Cordoue, sous la protection du calife omeyyade Abd al Rahman II, que Ziryab révolutionne la musique. Il était un musicien talentueux et est considéré comme le père de la musique arabo-andalouse. Il ajoute une cinquième corde au luth (oud),symbolisant l'âme.
Il codifie les nûba en fonction des états d'âme et des cycles circadiens. Traditionnellement, la nûba est joué avec 9 pièces instrumentales et vocales, autour de poème parlant de la nature, l'amour et parfois la religion. Elle est jouée à des heures précise du jour ou de la nuit, d'où les 24 nûba, chacune correspondant à une heure précise de la journée pour entrer en résonance avec l'énergie du moment (le tab', ou tempérament). Riches en modulations, elles sont transmises oralement, de maître à disciple, dans une fidélité remarquable à la tradition.
Une Nouba tlemcénienne n'est pas une simple chanson, c'est un voyage structuré en neuf phases instrumentales et vocales (comme le Touchia, le M'sadar ou le Darj). Les poèmes, véritables joyaux littéraires, chantent la nostalgie des jardins d'Andalousie, l'ivresse mystique et la beauté de la nature. La transmission reste orale, un lien sacré de maître à disciple qui garantit la pureté du timbre et du rythme.
5- Les Fqiret et Medahate.
Bien au-delà des salons raffinés du gharnati, la musique tlemcénienne bat son plein dans les campagnes, les maisons, et les fêtes locales. Ici, chaque rythme raconte une histoire, chaque chant perpétue un lien ancien. Dans les rassemblements féminins de l'Oranie, et plus particulièrement à Tlemcen, les Fqiret (ou Medahate), occupent une place centrale. Ces groupes de femme interprètent des chants de louanges dédiés au Prophètes (PSL) et aux saints patrons de la région, sur des percussions simples (Gallal, Bendir). Leurs voix, entre prière et poésie, résonnent encore dans certains quartiers lors du Mawlid ou des mariages. Ces chants évoluent vers une intensité rythmique qui peut mener à la transe, libérant les émotions et soudant la communauté. Cet art est particulièrement préservé dans les cités historiques de Nedroma, de Beni-Snouss et d'Aïn el Hout, où le spirituel et le musical ne font qu'un.
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| Anciennes Medahates de l'Ouest Algérien |
Loin d'être figée, cette tradition est portée aujourd'hui par des icônes comme Nouri Koufi ou Brahim Hadj Kacem. Ces artistes ont réussi le pari de moderniser le patrimoine de Fqiret et du Hawzi, en intégrant des sonorités contemporaines tout en respectant la pudeur et la passion qui caractérisent l'école de Tlemcen. Ils permettent à ces chants ancestraux de sortir des quartiers pour résonner sur les scènes internationales, faisant de Tlemcen une capitale éternelle de la musique méditerranéenne.
6- Tlemcen entre ferveur mystique et poésie du Melhoun.
Si la musique andalouse de Tlemcen brille dans les théâtres, son coeur bat avec une intensité plus intime dans les Zaouïas et les demeures ancestrales. C'est ici que le sacré rencontre l'art, à travers des formes d'expression qui ont survécu à l'usure du temps et aux épreuves de l'histoire.
1- Le Madjmaâ : le sanctuaire du chant féminin.
Madjmaa (ou Sanaâ), représente l'une des traditions religieuse les plus secrètes et les plus nobles de la cité zianide. Ce rituel, majoritairement reservé aux femmes, transforme les maisons ou les zaouïa en un espace de méditation sonore. Contrairement à une chorale classique, le Madjmaâ est mené par des femmes de grande piété, désignées par un cheikh pour leur élévation morale.Elles ne se contente pas de chanter, elles guident une assemblée dans la récitation de vers mystiques, elles prononcent des lectures du coran, des sermons religieux et des chants spirituels. Durant la colonisation, ces cercles de femmes ont été les gardiens invisibles de l'identité algérienne, protégeant la langue et la foi contre l'acculturation.
- SOUKNA AMEUR BILLAH;
- Ya rahilin (Ô voyageurs) d'Abdelrahim Al Borri;
- Idouiliya Al Wissal (Accorde moi l'union) du Saint patron Sidi Abou Madyan;
- Ya Taliban Rahmati Alia de cheikh Ahmed Ben Yllès.
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| Sanäa - Orchestre du cheikh Sfindja vers 1900. Alger - Algérie |
2- Le Melhoun et l'Aroubi : la voix du Terroir.
Parallèlement au raffinement citadin du gharnati, Tlemcen cultive l'Aroubi. Cette musique rurale, rythmée et mélancolique, puise sa force dans la poésie Melhoun.
Le melhoun, est une forme de poésie chantée en arabe dialectal (daridja), occupe aussi une place précieuse. Il a nourri des genres comme l'aroubi, musique rurale rythmée, qui mêle nostalgie, amour de la terre, et satire sociale, basée sur les poésie de melhoun et de zadjal (poème écrit en arabe dialectal), est un autre exemple de la diversité musicale de la région. Selon l'historien Ibn Khaldoun, le Zadjal à fleuri sous la dynastie Almohade avant d'atteindre sa perfection avec Ibn Quzman (Cordoue, XIe siècle). De nombreuses productions maghrébine et andalouse du Zadjal, similaire au Muwashshah (poésie inventées en Andalousie par un poète aveugle du XIème siècle, Muqqadam Ibn Mu'afa Alqabri, chanté dans le répertoire de la Nûba.) ont vu le jours et atteindront leurs apogées avec Mohamed Ibn Abdelmalik Ibn Quzman, poète andalous né à Cordoue en 1078. Il existe 3 genre de Zadjal, c'était les prémices du Melhoun :
- le zadjal poétique à Constantine,
- le zadjal chanté,
- le zadjal espagnol moderne.
Les poètes Algérien du 16ème siècle ont mis en place cette forme poétique dont s'inspirait d'autres poèmes. Cette tradition est interprété par des poètes venant de l'ère zianide. On le retrouve à Tlemcen, Alger, Blida et Constantine. Les plus anciens textes dialectal maghrébin connu remontent au XVIe siècle et constituent un patrimoine en danger de disparition. La poésie Melhoun est la base de nombreux genre musicaux populaire bédouine ou citadine dans tous tous le Maghreb.
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| MUWASHSHAH |
7- Le Nahri, musique et danse guerrière des Ouled Nhar.
Le Nahri, appelé également Dari, représente bien plus qu'une simple musique, c'est aussi une danse traditionnelle guerrière profondément enracinée dans l'identité de la tribu des Ouled Nhar. Originaire des petits village autour de Sebdou, notamment Sidi Djillali et El Abed, elle c'est progressivement exportée vers la ville de Tlemcen puis, Oran et enfin dans l'ensemble de l'Oranie.
Le Nahri se reconnaît par ses instruments principaux, tels que la gasba (flûte traditionnelle algérienne en roseau à 3 nœuds), et le bendir (un tambourin). Cette musique est accompagnée d'une danse guerrière, avec des mouvement d'épaules, qui suit le rythme du bendir et de la gasba. Nous parlerons de cette danse, plus en détail dans un prochain article.
8- Tlemcen, le refuge de l'âme Andalouse.
Tlemcen s'est imposée comme un foyer essentiel de la musique arabo-andalouse au Maghreb. Ce patrimoine musical raffiné, transmis de génération en génération, doit beaucoup aux artistes originaire de la ville, qui ont su préserver l'âme d'Al-Andalus à travers le chant, les instruments et la poésie.
Les liens entre Tlemcen et l'Espagne musulmane furent profonds et durables. Des échanges diplomatiques, commerciaux et culturels ont jalonné leur histoire commune, notamment durant les périodes de tension face à l'avancée des royaumes chrétiens dans la péninsule ibérique (la Reconquista chrétienne). A plusieurs reprises, la dynastie Zianide de Tlemcen s'allia avec les souverains Nasrides de Grenade pour faire face aux menaces communes, qu'elles viennent des Mérinides ou de la Couronne d'Aragon. Certains princes zianides, comme Abu Tachfine, auraient même été formés ou influencés dans les milieux raffinés des cours andalouses. Au fil du temps,un véritable lien sentimental et culturel s'est tissé entre les populations de Tlemcen et celles d'Al Andalous. Les deux sociétés partageaient une vision proche du monde, un goût commun pour la gastronomie, les arts, l'élégance vestimentaire et la poésie.
Après la chute de Grenade en 1492, dernier bastion musulman d'Espagne, Tlemcen ouvrit grand ses portes aux réfugiés andalous. La ville accueilli plus de 50 000 exilés, porteurs d'un savoir ancestral de techniques artisanales avancées et de riches traditions. Leur présence contribua à renforcer l'identité culturelle de Tlemcen, qui reste, encore aujourd'hui, l'un des plus précieux témoins de l'héritage andalou en Afrique du Nord. Parmi eux, des figures historique tel que Mohamed XIII, surnommé Az-Zaghall, oncle de Boabdil et dernier souverain effectif de la dynastie nasride de Grenade, trouva refuge à Tlemcen après la chute du royaume andalou. Il y termina sa vie et sera inhumé dans le cimetière royal des zianides, à Sidi Brahim.
En 1848, une stèle funéraire portant son nom fut mise au jour, avant d'être exposée à l'exposition universelle de Paris en 1889. Tlemcen accueillit au fil du temps un grand nombre d'Andalous, de Morisques et de communautés juives fuyant l'Espagne. Cette présence enrichit profondément sont identité, faisant de la ville l'une des héritières les plus authentiques de l'Andalousie,tant sur le plan artistique que philosophique.
- Abdelkrim DALI, né à Tlemcen le 21-11-1914 et mort à Alger le 21-02-1978;
- Cheikha TETMA, née à tlemcen en 1871 et morte le 22-04-1962;
- Cheikh Larbi BENSARI, né à Ouled Sid el Hadj en 1867 mort à Tlemcen en 1964;
- Nouri KOUFI, né à tlemcen en décembre 1954;
- Larbi LAOUZZANI, né à Ben Ouazzane le 28-04-1942 et mort le 08-10-1984;
- Lila BORSALLI, née à tlemcen le 12-07-1976;
- Tawfik BEN GHABRIT, né à tlemcen le 04-08-1959; KHALIL BABA AHMED, né à tlemcen en 1983.
- Beaucoup d'autres encore que je n'ai pas cité.
Voir aussi :UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Vestiges préhistoriques de Tlemcen : un voyage aux origines de l'humanité.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen et ses danses guerrières.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen berceau du Hawzi et haut lieu de la musique Arabo-Andalouse.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen, berceau d'un patrimoine artisanal d'exception.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tenues traditionnelles de Tlemcen, majestueuses et royales.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen, et son incroyable patrimoine culturel intellectuel.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen culture et patrimoine - Monuments et patrimoine naturel.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen face à l'histoire coloniale.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen à travers les siècles.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Les bijoux traditionnels algériens qui subliment les tenues de Tlemcen.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE - Waâdat de Tlemcen, au coeur des fantasias.
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