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| Chedda de Tlemcen |
La splendeur de l'artisanat algérien s'exprime avec éclat à travers les bijoux traditionnels, témoins vivants d'un héritage millénaire. A la croisée des influences berbères, andalouses, ottomanes, africaines et judéo-algériennes, ces parures racontent l'histoire d'un pays aux identités multiples.Tandis que l'or embellissait les femmes des grandes cités comme Alger, Constantine ou Tlemcen, l'argent finement ciselé dominait dans les régions rurales, dessinant une véritable mosaïque de styles. A Tlemcen, cette richesse trouve son apogée dans la Chedda de Tlemcen, tenue nuptiale inscrite en 2012 au patrimoine immatériel de l'humanité par l'Unesco.Plus qu'un costume, la Chedda de Tlemcen incarne un univers de savoir-faire où le bijou occupe une place centrale. Dans cette ancienne capitale de la dynastie Zianide, carrefour de cultures et de commerce, chaque ornement devient une pièce d'histoire, reflétant l'opulence de la ville et la virtuosité de ses artisans.
1- Les bijoux emblématiques de la Chedda de Tlemcen.
Dans le rituel de la Chedda, la tête n'est pas simplement parée, elle est couronnée.La superposition des bijoux répond à une géométrie précise qui vise à allonger la silhouette et à illuminer le visage, transformant la mariée en une icône byzantine ou zianide.
1- Zerrouf, ou khit el rouh.
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| Zerrouf, ou khit el rouh |
Si Tlemcen est souvent surnommée "la perle du Maghreb", c'est en partie pour l’éclat de ses parures nuptiales. Parmi elles, un bijou de tête fascine par sa finesse et la poésie de son nom, le Zerrouf, plus connu sous l'appellation de Khit el rouh (le fil de l'âme).
Pièce maîtresse de la Chedda Tlemcénienne, ce bijou ne se contente pas d'orner, il raconte l’ingéniosité d'un artisanat reconnu en 2012 par l'Unesco.
Contrairement aux bijoux ruraux en argent, le Zerrouf appartient à l'orfèvrerie citadine. Ses racines plongent dans l'Andalousie médiévale. Après 1492, les artisans juifs et musulmans fuyant l'Espagne se sont installés à Tlemcen, alors capitale de la Dynastie Zianide. Ils y ont importé la technique de l'or articulé et du filigrane.
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| Zerrouf, ou khit el rouh |
Bien que la ville d'Alger ait rendu célèbre l'appellation "Khit El Rouh", c'est à Tlemcen que ce bijou a conservé sa forme la plus opulente. Historiquement, Tlemcen, par ses liens directs avec les Nasrides de Grenade, a été l'un des premiers foyers d'adoption de ce style avant qu'il ne s'étende aux autres grandes cités d'Algérie.
Le nom "Khit El Rouh" est entouré d'une légende urbaine qui illustre la fierté sociale. On raconte :
Qu'un jeune homme de condition modeste souhaitait épouser une jeune fille issue d'une famille très riche. Pour sa dot, il n'avait pu acheter qu'un collier d'or extrêmement fin et délicat, loin de L'opulence des parures habituelles des grandes famille. En voyant ce cadeau, la futur belle-mère se serait exclamée avec un certain mépris : "bouh! C'est un khit el rouh!" (Hélas! c'est à peine un fil pour l'âme!). Pour sauver l'honneur du jeune homme et protéger l'amour des fiancés, le père de la mariée prit le collier et le plaça sur le front de sa fille en déclarant qu'un bijou si fin était justement fait pour rehausser la beauté de son visage.Le collier de cou devient ainsi un diadème frontal, et l'expression resta pour désigner ce bijou devenu symbole d'amour sincère et de fierté.
Au-delà de la légende,ce nom souligne une réalité technique,le bijou est constitué de maillons si fins qu'ils semblent disparaître, ne laissant flotter sur le front que l'éclat des pierres.
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| Zerrouf, ou khit el rouh |
Le Zerrouf de Tlemcen se distingue par une exécution rigoureuse, il est formé de rosaces ou de médaillons en or 18 carats, reliés par des anneaux invisibles. Cette souplesse permet au bijou d'épouser la courbe du front sans blesser la personne qui le porte.
A Tlemcen, on privilégie l'incrustation de pierres précieuses (émeraudes et rubis). Le bas du bijou est orné de "larmiat" (pendentifs en forme de larmes) composés de gouttes de pierres fines. On dit que ces gouttes représentent les étapes de la vie de l'âme féminine, sa naissance, sa maturité (le mariage) et la descendance qu'elle laissera derrière elle. Dans la Chedda, le Zerrouf possède une fonction précise, il se place juste au-dessus du Jbayen (le grand diadème). Contrairement à ce que l'on pense, il n'est pas serré autour de la tête. Il est délicatement épinglé sur la "Chéchia" (coiffe conique). Sa position doit être millimétrée, s'il est trop haut, il perd son éclat, si il est trop bas, il barre le regard. C'est l'étape la plus délicate pour la Négafa (l'habilleuse).
En 2012, l’Unesco a inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité : "les rites et les savoir-faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen". Cela signifie que l’Unesco reconnaît que la Chedda ne peut exister sans ses parures. Le Khit El Roh ou Zerrouf et les Jbayen ne sont pas considérés comme de simples accessoires de mode, mais bien comme des éléments indissociables d'un rituel millénaire.
Cette reconnaissance protège la manière dont les orfèvres de Tlemcen travaillent l'or. Le classement souligne que la technique de fabrication de ces bijoux est un héritage unique au monde, issu du métissage entre les cultures berbère et andalouse. Cette consécration mondiale en 2012, a préservé le rôle central du bijou. Le Zerouf et les Jbayen ne sont plus seulement des parure locale, ils sont désormais reconnus comme piliers de l'identité culturelle algérienne.
2- Les Jbayen, de somptueux diadèmes.
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| Jbayen |
Les Jbayen ne sont pas nés du hasard.Leur structure en plaques articulées est un héritage direct de l’orfèvrerie hispano-mauresque et ottomane. A Tlemcen, ces bijoux rappellent l'opulence de la cour royale où l'étalage de l'or servait à marquer le rang social. Contrairement aux bijoux ruraux, comme ceux des Aurès ou de Kabylie, les Jbayen utilisent la technique du repoussé et du filigrane ajouré. L'or n’est pas simplement fondu, il est travaillé pour créer des vides et des pleins, imitant la dentelle. Le Jbayen n'est pas un simple bandeau. C'est un assemblage complexe, il se compose de trois à cinq plaques d'or massives ais finement ciselées (El Khouate). La plaque centrale est toujours la plus imposante. A Tlemcen, on incruste souvent des pierres précieuse (émeraudes, rubis) ou des cabochons de verre coloré pour les modèles plus modestes. Le bas des plaques est systématiquement orné de pendentifs en forme de poires.
Les Jbayen ne sont pas portés sur la peau, mais fixés sur la chéchia (la coiffe conique en velours). Ils sont munis de petits crochets invisibles qui permettent de les étager.
Au-delà de l'esthétique,les Jbayen portent une charge symbolique forte.Les motifs gravés sont presque toujours floraux ou stellaires. Ils représentent l'épanouissement de la mariée et la fertilité. On privilégie souvent un nombre impair de plaques ou de pendentifs.Dans la croyance populaire ancienne, les chiffres impairs servaient à détourner le mauvais œil. Porter les Jbayen marque le passage du statut de jeune fille à celui de femme mariée. Dans certaines familles anciennes,une jeune fille n'avait pas le droit de porter ces diadèmes massifs avant le jour de ses noces.
On estime que l'ensemble des Jbayen portés lors d'une Chedda peut peser plusieurs centaines de grammes. Pour éviter que la mariée ne souffre ou que les bijoux ne glissent, les Negafates (habilleuses) utilisent un rembourrage spécifique à l'intérieur de la chéchia pour équilibrer le centre de gravité.
Dans le mariage les plus opulents de Tlemcen, on ne porte pas un seul Jbayen, mais deux. Créant cet effet pyramidal unique au monde. Lors du classement de la Chedda en 2012, les experts ont particulièrement noté la stabilité de ce bijou.Malgré les siècles, la forme des Jbayen Tlemcéniens n'a quasiment pas bougé par rapport aux descriptions faites par les voyageurs du XVIIIe siècle.
Les Jbayen sont les gardiens de la silhouette de la mariée. Ils transforment un visage en une véritable icône. Ces diadèmes sont la preuve que Tlemcen a su préserver un art de cour impérial et le transformer en un rite populaire qui continue de faire briller la ville aujourd'hui.
3- Johar : la cascade de perles.
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Depuis des siècles, les femmes algériennes ornent leurs tenues de perles, notamment dans les grandes villes comme Alger, Constantine ou Tlemcen. Leur usage remonte à l'antiquité : l'un des plus anciens colliers de perles jamais découverts fut retrouvé en 1901 à Suse, en Iran, autour du cou d'une princesse achéménide datant du 4e siècle av J.-C. Durant l'époque médiévale, Tlemcen était une plaque tournante du commerce transsaharien et méditerranéen. Les perles arrivaient du Golfe persique via les réseaux marchands. L'usage du plastron de perles superposées est un héritage des cours byzantines, transmis par l'influence ottomane. A Tlemcen, cette tradition a été algérianisée pour devenir un élément indissociable de la Chedda.
Le terma "johar" désigne à la fois la matière (la perle) et l'ensemble du dispositif qui couvre la poitrine.
- Le plastron (Lebeba), ce n'est pas un seul collier, mais une accumulation méthodique. On peut compter jusqu'à 50 ou 80 rangs de perles. Ces rangs sont maintenus par des barrettes en or appelées Swaya.
- Le M'dibah, est un ras-du-cou qui sert de point de départ à la cascade. Il est souvent composé de perles plus grosses et sert de transition entre le cou et le reste de la poitrine.
- La Khorsa, sont des boucles d'oreilles monumentales utilisent souvent des perles en forme de goutte. Leur poids est tel qu'elles sont parfois reliées par des fils de perles qui passent par dessus la coiffe pour soulager les oreilles.
Le johar porte une charge spirituelle très forte dans la culture locale. La perle, née de l’huître, est un symbole de virginité et de la naissance. A Tlemcen, porter le johar lors du mariage est censé garantir une descendance saine et nombreuse.
Dans certaines croyances anciennes, le plastron de perles n'était pas seulement décoratif. On pensait que l'accumulation de nacre créait un bouclier protégeant la mariée contre le mauvais œil et les énergies négatives lors de son entrée dans sa nouvelle demeure. Autrefois,on testait la qualité des perles du johar en les frottant légèrement contre les dents. Si elles étaient rugueuses elles étaient considérées comme véritables. Une famille se mesurait au nombre de rang de vrai johar qu'elle pouvait aligner.
Le johar est un investissement. Dans les archives notariales de l'époque coloniale et pré-coloniale,les perles apparaissaient systématiquement dans les contrats de mariage (le sdâq). Les perles constituaient une monnaie d'échange stable.En cas de coup dur,une femme pouvait vendre quelques rangs de son johar séparément.
Une tradition veut que la belle-mère offre un rang de perles à sa futur belle-fille. Ce geste signifie "je t'intègre à notre cascade familiale".
Aujourd'hui, si les perles de culture ont remplacé les perles fines naturelles (trop rares et chères), la structure du bijou n'a pas changé d'un pouce.Que ce soit à Alger, Constantine ou Tlemcen, le johar reste l'élément qui donne son volume à tenue. Sans lui, la Chedda paraîtrait vide.
4- Les pendentifs parfumés.
Le Skhab et la Meskia représentent sans doute le sommet de l'ingéniosité de l'artisanat algérien, ici, le bijou ne se contente plus d'être visuel,il devient olfactif. C'est une parure sensorielle qui permet à la mariée de laisser derrière elle un sillage, une empreinte invisible mais mémorable. L'origine du Skhab est algérienne et berbère, il est une pièce maîtresse de la parure des Ouled Naïl, région de Djelfa et Bou Saâda, c'est un bijou transversal qui appartient au patrimoine nomade et rural de toute l'Algérie.
1- Le Skhab.
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| Meskia avec un skhab |
Bien que l'on trouve aujourd'hui dans les grandes villes comme Tlemcen ou Constantine, le Skhab est avant tout d'origine berbère (amazigh). On le retrouve dans les Aurès en Kabylie, et jusque dans les régions du Sud. A l'origine, c'était le "bijou de la terre". Les populations rurales, n'ayant pas toujours accès au métaux précieux des manière illimité, utilisaient les ressources naturelles (plantes,épices) pour créer des parures symboliques. La forme des grains, souvent triangulaire ou en losange, est typique du répertoire géométrique berbère,symbolisant la protection. Historiquement, le skhab descend de la tradition des "pomander" (pommes d'ambre) ou des bijoux odoriférants que l'on retrouvait dans l’Égypte ancienne et dans le monde arabo-musulman médiéval. A une époque où l'hygiène et la médecine étaient liées aux bonnes odeurs, car on pensait que les mauvaises odeurs transportaient des maladies, porter des épices sur soi était une forme de bouclier sanitaire et spirituel. Une tradition orale raconte :
Le Skhrab est né de la volonté des mères de protéger leurs filles partant vivre dans leur belle-famille. Comme le parfum du Skhab dure des années,il servait de "cordon ombilical olfactif". La mariée, en sentant son collier se rappelait l'odeur de la maison maternelle où la pâte avait été préparée.
Contrairement aux parures métalliques, le Skhab n'est pas forgé, il est cuisiné. C'est un héritage qui remonte à une époque où le luxe était intrinsèquement lié aux produits naturels rares venus d'Orient. Sa base est un mélange de clous de girofle finement pilés, de musc, d'ambre gris et parfois de gomme arabique ou de safran pour lier le tout. La pâte obtenue est modelée en petites perles géométriques. A Tlemcen, on privilégie souvent la forme de losange ou de triangle, car ces motifs sont historiquement considérés comme protecteurs contre le mauvais sort. Ces perles ne passent pas au four. Elles sèchent lentement à l'ombre, à l'abri de la lumière directe, pour emprisonner les huiles essentielles au cœur de la matière. Une fois durcies elles sont enfilées sur des fils de soie, souvent alternées avec de petites perles d'or ou de corail.
Au repos, le collier est discret, mais dès qu'il entre en contact avec la peau et la chaleur corporelle (autour de 37°c), les pores de la pâte se dilatent. Les essences de musc et de girofle s'évaporent alors lentement. Lors d'une cérémonie de mariage,où la caleur et l'émotion montent, le Skhab déploie toute sa puissance.
Historiquement, la confection du Skhab était interdite aux hommes. C'était un secret de femmes. On croyait que si une femme mal intentionnée ou jalouse participait à la préparation de la pâte, le collier ne sentirait rien ou pire, il s'effriterait.
Une anecdote fascinante raconte que le Skhab peut s'endormir. S'il reste dans un coffret pendant 10 ans, il perd son odeur. Mais dès qu'une femme le remet au cou, le parfum ressuscite. C'est pour cette raison qu'on qualifie souvent de bijou éternel ou immortel. Si on le retrouve dans l'Est algérien (Aurès) souvent associé à l'argent, à Tlemcen il est magnifié par l'or, souvent une Meskia, et s'intègre dans la superposition complexe de la Chedda, venant se nicher juste sous les rangs de perles (Johar).
C'est l'ancêtre du parfum de peau, le Skhab est étudié comme l'un des rares exemples mondiaux de bijoux comestible, car composé d'épices, ayant évolué vers un objet de prestige social. Ce bijou, représente la persistance d'un savoir-faire berbère et citadin qui a su utiliser la chimie naturelle pour transformer une parure en une expérience totale.
Si le Skhab puise sa force et son caractère dans le patrimoine nomade des Ouled Naïl, il a su conquérir les cités zianides pour devenir l'âme invisible de la mariée tlemcénienne. C'est la preuve que l'élégance algérienne est un dialogue permanent entre la profondeur du désert et le raffinement des villes.
2- La Meskia.
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| Meskia |
L'origine de la Meskia remonterai à la période ottomane en Algérie, XVIe - XIXe siècle, où elle s'est imposée comme un accessoire de luxe dans les grandes cités urbaines, Tlemcen, Alger, Constantine.
Le nom Meskia dérive directement du mot arabe Mesca ou Musk (musc). A l'origine, ce n'était pas un bijou massif, mais un contenant. Dans les siècles passés, la Meskia était un petit boîtier ajouré ou une fiole ciselé. On y insérait un coton imprégné d'huile essentielles ou une pastille de musc solide. Ce concept de bijou à parfum est très ancien dans le bassin méditerranéen et au Moyen-orient. Il permettait aux femmes de la noblesse citadine de porter leur fragrance sur elles, à une époque où le parfum liquide tel que nous le connaissons n'étais pas encore généralisé.
Après l'évolution des techniques d’orfèvrerie à Tlemcen, la Meskia a perdu sa fonction de contenant pour devenir un bijou plein, tout en gardant son esthétique d'origine. Sa silhouette caractéristique en goutte d'eau ou en poire n'est pas un hasard. Elle rappelle la forme des anciens flacons de parfum en verre ou en métal. Aujourd’hui, elle est réalisée en or massif, souvent travaillée en filigrane (dentelle d'or) ou avec la technique du repoussé. Elle est presque systématiquement sertie de pierre précieuses, principalement l’émeraude ou le rubis. Elle se porte au bout d'une chaîne robuste, comme la célèbre Graine de café ou la chaîne Manstiri (torsadée), pour supporter son poids souvent conséquent. Elle vient souvent se placer juste au-dessus du Skhab, créant une hiérarchie visuelle parfaite sur le buste.
Dans les anciennes familles de Tlemcen, la Meskia était souvent le premier gros bijou en or qu'une jeune fille recevait. C'était un signe qu'elle quittait l'enfance. On raconte que même si une famille traversait des moments difficiles, la Meskia était le dernier bijou que l'on acceptait de vendre, car elle représentait l'odeur et l'honneur du foyer.
Une croyance ancienne racontait que la forme du pendentif représentait une goutte de rosée matinale figée dans l'or, symbole de la fraîcheur et de la jeunesse de la nouvelle épouse.
Au sein du rituel de la Chedda, la Meskia joue un rôle en finalisant l'accumulation des colliers de perles (le johar). Son éclat métallique tranche avec le nacre des perles et le noir du skhab, apportant une touche de lumière jaune (l'or) qui rappelle le soleil, alors que les perles représentent la lune.
La Meskia est le témoin d'une époque, elle a su conservé son nom et sa forme.
5- Les chaînes : La Graine de Café et le Manstiri.
Le patrimoine joaillier algérien ne se limite pas à l'éclat du métal, il est le miroir des structures sociales et des flux commerciaux qui ont façonné le Maghreb central. Au centre de cet art, la Meskia, qui occupe une place de choix dans le costume citadin d'Alger, de Constantine ou de Tlemcen. Traditionnellement, ce bijou est associé au Skhab, ce collier de pâte d'ambre parfumée. Cependant, pour des raisons de confort, de hiérarchie sociale ou de mode, les femmes ont progressivement adopté des chaînes en or massif aux maillages techniques bien précis, capables de soutenir le poids de cette pièce maîtresse sans en altérer l'esthétique. Parmi elles, "la graine de café" et le "Manstiri" se distinguent, non seulement par leur robustesse, mais par l'histoire qu'elles transportent, de l’Égypte antique aux salons de la Régence d'Alger.
1- La chaîne "Graine de café".
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| Chaîne graine de café |
Si le terme "graine de café évoque pour nous les comptoirs ottomans du XVIIe siècle, la silhouette de ce maillon est une héritière de l' Antiquité. Dès 2500 av. J.C, l’orfèvrerie égyptienne utilisait déjà des formes oblongues rappelant des semences, symboles de vie et de fertilité, dont on en retrouve la trace jusque dans le trésor de Toutankhamon. Cependant, en Algérie, ce motif a connu une réappropriation culturelle unique.
Dans orfèvrerie traditionnelle algérienne, certains motifs ne sont pas de simples ornements, mais des témoins direct de l'histoire économiques du bassin méditerranéen. La "Graine de café", que les artisans nomment localement "habat el qahwat", appartient à cette catégorie. Ce bijou, particulièrement prisé dans les anciens centres urbains comme Tlemcen et Alger, raconte une époque où la consommation de café n'était pas un geste banal, mais un marqueur social de distinction.
L'apparition de ce motif coïncide avec l'âge d'or du commerce transcontinental sous la Régence d'Alger. Le café, introduit par les Ottomans au XVIe siècle, arrivait par les ports d'Alger et d'Oran, ou transitait par les caravanes venant du Moyen-Orient. A Cette époque, la fève provenait principalement du Yémen (le célèbre Moka). Sa rareté en faisait un produit réservé à l'aristocratie urbaine et aux familles de négociants. Porter une reproduction de cette graine en or ou en argent ciselé revenait à afficher son appartenance à une élite connectée aux réseaux marchands les plus prestigieux de l'Orient.
Il faut ici distinguer l'histoire algérienne des tendances occidentales. Contrairement à la création de Jeanne Toussaint pour cartier en 1938, ou aux modèles popularisés par Hollywood dans les années 1950, la graine de café algérienne est un bijou de statut social et de baraka (bénédiction).
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Dessins de la maison Cartier du bijoux graine de café. |
Alors que la version Européenne souvent très géométrique et issue d'une esthétique industrielle, la version algérienne est traditionnellement plus organique pour imiter la fève originelle. Elle n'est pas un accessoire de mode, elle incarne la prospérité du foyer. Cette symbolique de l'abondance fait d’ailleurs écho aux traditions Akan et Baoulé d'Afrique de l'Ouest, où la graine représente la chance et la richesse des récoltes.
Sur le plan technique, la graine de café se décline souvent en colliers appelés "Khamsa bi khamsa" (5 par 5) ou intégrée dans des parures plus complexes. Les orfèvres de la Cabah d'Alger ou du quartier des joailliers de Tlemcen, utilisaient la technique du repoussé ou de la fonte à la cire perdue pour donner ce relief si particulier, imitant la fente centrale caractéristique de la graine. Contrairement aux bijoux ruraux de Kabylie ou des Aurès, plus géométriques et souvent en argent émaillé, la graine de café est typique du style H'dar (citadin). Elle reflète une esthétique plus sobre, mais dont la valeur réside dans la pureté du métal et l finesse du polissage.
Offrir un bijou orné de graines de café à une jeune mariée était une manière de lui souhaiter ne demeure où l'abondance ne ferait jamais défaut. C'est un héritage qui lie encore aujourd'hui les Algériennes à une histoire où la méditerranée était la carrefour des saveurs et des métaux précieux.
2- La chaîne le "Manstiri".
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| Chaîne Manstiri (torsadée) |
Le Manstiri (ou Manastiri) est une maille emblématique de l’orfèvrerie traditionnelle du Maghreb, très réputée en Tunisie, notamment à Monastir, d'où elle tire son nom et dans l'Est Algérien.
Le Manstiri n'est pas une simple chaîne, c'est une prouesse d'architecture métallique. Son origine remonte à l'artisanat médiéval maghrébin, influencé par les techniques byzantines et andalouses. Contrairement aux productions industrielles modernes, cette chaîne torsadées composée de petits anneaux entrelacés de manière extrêmement serrée.
Cette technique de fabrication manuelle lui confère une densité et une solidité hors norme. On la reconnaît immédiatement à son aspect "corde", ressemblant à un véritable cordage d'or brillant. Cette robustesse était indispensable pour les maîtres orfèvres de l'époque, le bijou ne devait pas seulement être un apparat éphémère, mais un objet structurel capable de supporter des pendentifs massifs, comme les mains de Fatma (khamsa) ou des médaillons en or pur, sans jamais se déformer ni rompre sous le poids du métal.
Dans les mariages traditionnels, le Manstiri s'impose comme une pièce maîtresse du trousseau de la mariée. Fabriquée traditionnellement en or, souvent 18 carats ou plus), l'attention aux détails se niche jusque dans ses extrémités, ses fermoirs sont souvent terminés par des embouts travaillés en forme de cônes ou de têtes de poissons, symboles ancestraux de fertilité et de protection contre le mauvais œil.
Aujourd'hui,le Manstiri est devenu un objet de collection particulièrement recherché. Sa valeur ne réside pas uniquement dans son poids en or, mais dans la rareté du geste technique. Peu d'artisans maîtrisent encore l'assemblage manuel de cette maille complexe, ce bijou était conçu pour durer plusieurs générations. Il continue, aujourd'hui d'orner le cou des mariées.
Qu'il s'agisse de l'exotisme prestigieux de la Graine de café ou de la rigueur architecturale du Manstiri, en remplaçant le skhab, elles ont permis à l'or de s'affirmer.
6- Cravache Boulahya, le bijou Constantinois.
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Cravache Boulaya 1 tête
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La patrimoine de l'Est algérien recèle des pièces d’orfèvrerie dont la complexité technique n'a d'égale que la richesse de leur histoire. Parmi elles, le cravache Boulahya, qui occupe une place spéciale. Ce collier, qui est de type "ascenseur" en raison de son pendentif coulissant, se distingue par un assemblage de chaînes torsadées se terminant par des pendentifs aux têtes multiples. Bien plus qu'un simple ornement, ce bijou est le témoin d'un savoir-faire urbain spécifique à Constantine, où les influences se sont croisées durant des siècles.
Le nom "Boulahya" se traduit littéralement par "le barbu". Selon les recherches historiques les transmissions orales des artisans bijoutiers de la place de Constantine,cette appellation ferait référence à l'origine de sa création au sein de la communauté juive locale.Les orfèvres de cette communauté, dont la barbe était un signe distinctif et respecté, auraient mis au point ou perfectionné ce modèle. Le terme est resté, marquant l'identité d'un bijou qui symbolise la diversité culturelle de la ville,où artisans musulmans et juifs partageaient les mêmes techniques de travail de l'or.
Sur le plan de la fabrication, le Cravache Boulahya impose une maîtrise parfaite du tréfilage. La chaîne principale est généralement une maille torsadé dense, semblable à celle du Manstiri, mais adaptée à un mécanisme coulissant. Ce système permet à la femme d’ajuster la longueur du collier selon la tenue portée, qu'il s'agisse de la gandoura ou de la chedda tlemcenienne. Les pendentifs, souvent au nombre de une, deux, ou trois têtes, sont travaillés avec une précision extrême. Les versions à trois tête sont les plus prestigieuses.
L'esthétique du Cravache Boulahya s'est consolidée sous la régence d'Alger, à une époque où Constantine,entant que capital du Belik de l'Est, affichait une opulence remarquable. Le bijou devait répondre aux exigence de la haute société constantinoise,pour qui l'or jaune était la norme.On raconte que la longueur des chaînes et le nombres de têtes permettaient d'identifier au premier coup d’œil le rang social de celle qui le portait. C'est une pièce de transmission, souvent incluse dans le trousseau de mariage, garantissant à la mariée une sécurité matérielle et un prestige immédiat au sein de sa nouvelle famille.
7- La khamsa, "Main de Fatma".
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| Khamsa |
Le bijou le plus emblématique d'Afrique du Nord,et particulièrement d'Algérie,dépasse largement le cadre du simple bijou. La khamsa, dont le nom signifie littéralement "cinq" en arabe,est un objet où se superposent des millénaires de croyances, de savoir-faire techniques et d’évolutions sociale. Si elle est aujourd'hui une pièce maîtresse du coffret à bijoux des Algériennes , de la Casbah d'Alger aux oasis du Sahara, son origine plonge ses racines bien avant l'arriver des religions monothéistes.
Bien que souvent associée à la tradition musulmane sous le nom de la " main de Fatma", en référence à la fille du Prophète (psl), ou à la tradition juive sous celui de "main de Myriam", la khamsa est un symbole pré-ibrahamique. Les historiens et archéologues retracent sont usage jusqu'à l'époque punique et carthaginoise, où elle était déjà présente comme un signe lié à la déesse Tanit, une divinité protectrice de Carthage et figure majeure de la mythologie berbère antique.
En Algérie, la Khamsa ne se présente pas sous une forme unique. Sa fabrication révèle les spécificités géographiques du pays. Dans les cités comme Tlemcen ou Alger, elle est souvent travaillée en or massif selon la technique du filigrane, une méthode d’orfèvrerie consistant à entrelacer de fins fils de métal pour créer une dentelle d'or. Dans ces régions, il est fréquent d'y incruster en son centre une pièce de monnaie, comme le Louis d'or, très répandu dans la culture traditionnelle algérienne, renforçant ainsi la valeur matérielle et prestigieuse du bijou. A l'opposé, dans les régions rurales et montagneuses, la Khamsa est traditionnellement façonnée en argent, parfois gravée de motifs géométriques berbères ou émaillée de couleurs vives (bleu, jaune, vert) dans le style des Beni Yenni en kabylie.
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| Khamsa Kabyle |
La Khamsa occupe une place centrale lors des cérémonies de mariage,notamment dans le port de la Chedda de Tlemcen, où elle s'intègre au milieu des cascade de perles, de la Meskia ou du cravache Boulahya. Dans le contexte contemporain, le port de la Khamsa fait l’objet d'une distinction rigoureuse entre la tradition et la foi. Pour le croyant, l'objet ne peut en aucun cas être investi d'un pouvoir de protection autonome et cela à pareil pour les autres bijou que nous avons mentionné plus haut dans cet article, car cela relèverait du Shirk (association à Allah). La protection émane exclusivement à Allah.Le bijou est donc perçu par beaucoup comme un accessoire identitaire,un héritage esthétique et un témoignage de l'histoire artistique du Maghreb central plutôt qu'un talisman de protection contre le mauvais œil ou autre mal.
2- Autres trésors, H'zam, Khorkhal et Louis d'or.
Dans les costumes traditionnels algérien, les bijoux en or sont omniprésent, il structure la silhouette et définit le rang social.Si les parures du buste captivent le regard, les ceintures massives et les bijoux de chevilles constituent les véritable ancres de ce patrimoine. De la tête au pied, chaque pièce, qu'elle soit issue des ateliers d'Alger, de Constantine ou de Tlemcen, raconte une histoire de prestige social et de rituels inaltérable.
1- La ceinture en or (H'zam) : symbole de fécondité.
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| H'zam |
La ceinture ou H'zam, ne sert pas uniquement à ajuster le vêtement. Elle agit comme une frontière symbolique et sociale. Au XVIIIe siècle, sous la régence d'Alger, cet accessoire marquait déjà la distinction entre la noblesse urbaine et le reste de la population.Fabriquée exclusivement dans les grandes villes comme Alger et Constantine ou Tlemcen, la ceinture en or massif témoigne d'une maîtrise technique de l’orfèvrerie.
Alors que les grandes ville se spécialisaient dans le travail de l'or de grande pureté. A cette époque la ceinture se composait souvent d'une base de soie brochée d'or sur laquelle étaient fixées des plaques en or.Ces plaques,ciselées avec une précision chirurgicale,arborent des motifs de rosaces ou de fleurs stylisées qui rappellent les décors en stuc des palais ottomans de la Casbah.
Bien plus qu'un étalage de richesse, le H'zam est un objet rituel lié à la fécondité. En enserrant la taille la ceinture protège symboliquement le ventre de la mariée. On y intègre très souvent des Louis d'or, ces pièces de monnaie détournées de leur fonction première pour devenir le centre du design de la ceinture. Dans les familles de négociants Constantinois, la largeur de la ceinture et la finesse de sa ciselure étaient des indicateurs de la puissance de la famille.
Le H'zam est un objet, que l'on retrouve dans toutes les tenues traditionnelles algériennes, notamment la blouza mensouj de Tlemcen.
L'une des particularités du H'zam réside dans l'utilisation du Sqal, ce fil d’argent doré à l'or fin utilisé pour broder les parties souples de la ceinture. L’orfèvre et le brodeur travaillaient souvent ensemble pour que les plaques de métal s'intègrent parfaitement au tissu. Chaque plaque était riveté ou cousue avec soin, permettant à la ceinture de rester souple malgré la rigidité de l'or. Cette alliance entre la souplesse de la soie et de la dureté du métal précieux incarne parfaitement l'esthétique du Maghreb central, une recherche constante de l'équilibre entre la force et le raffinement.
2- Le Khorkhal, un élégant bracelet de cheville.
Le bracelet de cheville, connu sous le nom de Khorkhal, occupe une place qui dépasse la simple esthétique. Si les colliers et les parures de tête attirent les regards, cet ornement impose, par son poids et son style. Traditionnellement portés par paires, le khorkhal est le témoin de l'évolution des techniques d’orfèvrerie entre le milieu urbain et le monde rural.
L'histoire du Khorkhal est indissociable des grands centres urbains tels qu'Alger, Constantine ou Tlemcen. Dans ces cités, le style H'dar (citadin) privilégie l'or ou l'argent doré, finement ciselé. Contrairement aux modèles massifs et fermés de certaines régions sahariennes, le Khorkhal citadin de la période ottomane se distingue par sa structure en demi-jonc, souvent creuse pour permettre des dimensions imposantes sans être une gêne dans le mouvement. Les artisans de la Casbah d'Alger utilisaient la technique du repoussé pour créer des motifs floraux et des rosaces, faisant écho aux broderies de la Ghlila (veste traditionnelle algérienne) ou du karakou.
On raconte dans les vieilles ruelles de Tlemcen que le tintement discret des bijoux de cheville permettait de signaler la présence d'une femme dans les couloirs des grandes demeures, sans qu'elle ait besoin de parler. A l'époque de la régence d'Alger, le diamètre et la richesse des ciselures du Khorkhal servaient d'indicateurs immédiats sur la fortune du mari ou du père.
Lors des cérémonies de mariage, et particulièrement pour la chedda tlemcénienne, le khorkhal devient un objet rituel. On lui prêtait autrefois des vertus protectrices. Historiquement, les modèles les plus anciens étaient munis de fermoirs à goupilles très complexes, exigeant parfois l'aide d'une suivante pour être ajustés. L'introduction des pièces de monnaie, comme le louis d'or ou les sultanins ottomans, transforma la parure en une véritable dot exposée aux yeux de tous.
3- Le Louis d'or ou les sultanins ottomans.
Dans le patrimoine joaillier de l'Algérie, la monnaie n'est pas qu'un simple moyen d'échange, elle est une matière première de prestige. Le Louis d'or français et le Sultanin ottoman occupent une place centrale dans les parures citadines, du karakou algérois a la chedda de Tlemcen. Ces pièces, intégrées par les orfèvres directement sur les bijoux, racontent une histoire de commerce transcontinental.
1- Le Sultanin, un héritage de la Régence d'Alger.
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| Sultani Mahmud II - Régence d'Alger |
Avant l'introduction massive des monnaies européennes, le Sultanin,ou Sultani, dominait les coffres et les parures.Introduit sous la régence d'Alger dès le XVIe siècle, cette pièce d'or frappé à Constantinople ou dans l'atelier monétaire d'Alger (Dar al-Sikka). Les artisans de la Casbah ou de Constantine ont très tôt pris l'habitude de souder des bélières ou attaches à ces pièces pour les suspendre aux colliers ou les monter sur les Skhab (colliers de pâte d'ambre).
2- Le Louis d'or.
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| Louis d'or |
L'arrivée du Louis d'or dans l’orfèvrerie algérienne témoigne de l'activité commerciales méditerranéennes au XVIIIe et XIXe siècles. Bien que d’origine française, cette pièce a été algérianisé par les artisans locaux qui l'ont intégrée aux montures traditionnelles en or jaune. On le retrouve serti sur les boucles d'oreilles (khross), les bagues massives, les colliers, khamsa, meskia ou les plaques de ceintures H'zam.
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L'orfèvre utilisait souvent une technique de sertissage à griffes ou en clos pour ne pas altérer la pièce tout en la mettant en valeur. Cette pratique permettait de conserver une richesse liquide, mobilisable en cas de coup dur, tout en l'exposant comme réussite sociale. Le Louis d'or est ainsi devenu un élément décoratif à part entière, au point que certains artisans fabriquaient des reproductions en or de basse qualité pour les familles moins aisées qui souhaitaient garder l'esthétique du rang.
L'utilisation de ces pièces répond à un code précis. Sur les parures Genfoud de Tlemcen, la disposition des pièces de monnaie suit un ordre qui assure l'équilibre visuel et le poids nécessaire au bon tombé du bijou. Le métal monétaire, plus pur et plus malléable que l'or, apportait un éclat différent, une patine que les Algériennes recherchaient particulièrement. Aujourd'hui encore, le terme Louis est resté dans le langage courant des bijoutiers pour désigner tout médaillon en or,prouvant que cette pièce étrangère a fini par être totalement absorbé par la culture nationale. C'est l'un des plus beaux exemples de la capacité de l'artisanat algérien à détourner des objets de pouvoir pour les mettre au service de l'élégance et de la tradition.
La disposition de ces bijoux n'est pas laissée au hasard. Elle fait partie d'un rituel de l'habillage complexe et précis, mené par les femmes aînées de la famille. Le poids considérable de la parure (qui peut atteindre plusieurs kilos) oblige la mariée à adopter une posture digne et une démarche lente, ajoutant à la solennité de l'évènement.
Les bijoux de la Chedda tlemcénienne sont bien plus que de simples ornements. Ils sont le langage d'une culture, le fruit d'un artisanat d'exception et le symbole vivant d'une identité algérienne fière, qui continue de briller dans les mariages d'aujourd'hui comme elle le faisait il y a des siècles.
Chaque bijou de la tenue tlemcénienne est un fragment d'histoire, un symbole de culture et un chef d’œuvre d'artisanat transmis de génération en génération.
Voir aussi :UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Vestiges préhistoriques de Tlemcen : un voyage aux origines de l'humanité.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen et ses danses guerrières.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen berceau du Hawzi et haut lieu de la musique Arabo-Andalouse.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen, berceau d'un patrimoine artisanal d'exception.
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UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen culture et patrimoine - Monuments et patrimoine naturel.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen face à l'histoire coloniale.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Tlemcen à travers les siècles.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE : Les bijoux traditionnels algériens qui subliment les tenues de Tlemcen.
UNE VILLE, UNE HISTOIRE - Waâdat de Tlemcen, au coeur des fantasias.
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Sources :
https://youtu.be/B5ytCTTP6Ws?si=sJtm2OpoVNFUUovj


























































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