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SUITE TLEMCEN FRANCAISE
TLEMCEN CULTURE ET PATRIMOINE - Musées, musiques et danses.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Littérature et archéologie.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Tenues traditionnelles de Tlemcen.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Bijoux.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Fantasia.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Monuments et gastronomie
1- Tlemcen : Un carrefour d'histoire et de culture en Algérie.
Nichée au nord-ouest de l'Algérie,à une distance d'environ 76 km d'Oujda, ville frontalière marocaine, Tlemcen se dresse à 807 mètres d'altitude. Son climat, marqué par des hivers parfois enneigés, contribue à son charme singulier. Cette cité a brillé en tant que capitale du Maghreb central à plusieurs époques clés 9ème, 13ème et 16ème siècles, et a également été honorée du titre de capitale de la culture islamique.
Tlemcen se révèle comme une mosaïque d'influences, où se rencontrent les héritages berbères, arabes ottomans, andalous et occidentaux. Cette richesse culturelle lui a valu divers surnoms évocateurs, tels que "la capitale de l'art andalou", "la perle du Maghreb","la grenade africaine", "la ville des cerises" ou encore "la médine de l'occident".
2- De la préhistoire à l'antiquité romaine.
1. Le Néolitique et la protohistoire.
L' occupation humaine de Tlemcen remonterai au Paléolithique inférieur, comme en témoignent les découvertes archéologiques récentes. La région de Tlemcen recèle 3 gisements préhistoriques majeurs : le lac Karar à Remchi, les abris sous roche de Mouilah (à 5 km au nord de Maghnia) et le gisement d'Ouzidan (à 2 km à l'est d'Aïn el Hout). Des galets aménagés et taillés, datant de plusieurs centaines de milliers d'années,révèlent que la vallée de la Souara et les plateaux tlemcéniens constituaient des foyers de peuplement précoces pour l'Homo-erectus,à l'instar des découvertes faites à Tighnif.
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| Gustave-Marie BLEICHER |
En 1875, le biologiste et géologue français Gustave-Marie Bleicher a mis au jour des haches polies dans les grottes de Boudghène, attestant d'une présence humaine très ancienne. En 1941,un polissoir néolithique fut mis au jour à Bab El Qarmadin. Et plus récemment, en 2018, les grottes de Tafessera ont livré des outils de pierre et des ossements datant de l'épipaléolithique, soit environ 14 000 ans avant notre ère. Ces sites, tels que les abris de la Mouilah à Maghnia, démontrent que les populations préhistoriques privilégiaient les zones de contact entre les ressources en eau et les abris naturels rocheux.
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Bab El Kermadine By Jawed ZENNAKI - Own work, CC BY-SA 4.0, |
2. Pomaria : Le rempart de la Maurétanie Césarienne.
Au fil des siècles, Tlemcen s'est affirmé comme un centre religieux, culturel et intellectuel de premier plan, témoin et actrice de diverses civilisations.
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Mauretania et Numidia |
A la fin du IIème siècle, sous la dynastie des Sévères, les Romains établirent un camp militaire sur une hauteur dominant la plaine de Chetouane. Ce camp, baptisé Pomaria (signifiant "verger" en latin) faisait partie d'un réseau de surveillance incluant également Altava (Ouled Mimoun) et Nulerus Syronum (Maghnia), destiné à contrôler les confins de la Maurétanie. Pomaria n'est pas seulement un avant-poste militaire, elle devient un centre religieux d'importance. Victor, évêque de Pomaria, participe au concile de Carthage en 411, illustrant l'intégration de la cité dans les réseaux ecclésiastiques de l'Afrique du Nord Chrétienne.
L'arrivée des Vandales en 429, peuple germanique venu d'Andalousie, bouleverse l'ordre romain. Bien que les Vandales contrôlent principalement les côtes, une principauté berbère autonome, dirigée parles Banou Ifren, s'organise autour de Pomaria qu'ils rebaptisèrent Agadir ("rocher","la forteresse" ou "le mur"). Cette période de transition, qui dure environ 120 ans,voit la persistance de la communautés chrétiennes, comme en témoignent les inscriptions funéraires retrouvées, datées entre 469 et 651 de notre ère.
3- L'éveil de la cité musulmane : Des Idrissides aux Almoravides.
L'islamisation de Tlemcen débute au VIIe siècle,mais c'est au VIIIe siècle que la ville devient un enjeu politique majeur. Selon Ibn Khaldoun, Tlemcen était, avant l'arrivée des Omeyyade, un royaume Zénète habité parles Banou Ifren et les Maghraouas qui furent les premiers à envoyer une délégation auprès du calife Othmân ibn Affân. La ville fut ensuite conquise par Abou Ibn Mohadjir Dinar, Emir d'Ifriqiya sous la dynastie Ommeyade entre 675 et 681.
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| Abou Qurra |
1. L'épisode kharidjite et l'influence d'Abou Qurra.
Abou Qurra, chef de la tribu des Banou Ifren, s'opposa aux Ommeyades et aux Abbassides. Il fonda le royaume sufrite de Tlemcen, un état Kharidjite considéré comme le premier état musulman d'Afrique du nord. Le Karadjisme représente une 3ème branche de l'islam.
En 736, Abou Qurra fut désigné imam et chef des Zénètes et des Berbères, auxquels il enseigna le kharidjisme. Il devient calife en 765, après la mort de Khaled Ibn Hamid. De 767 à 776,il mena une armée composée des Banou Ifren et de kharidjites de Maghreb à la conquête de la majeure partie de l'Ifriqiya, allant jusqu'à assiéger Kairouan en Tunisie. Après cette victoire, il retourna à Tlemcen, faisant entrer la ville dans l'histoire du Maghreb.
Idriss 1er, né à la Mecque en 743, arrière petit-fils du calife Ali et de Fatima (fille du prophète Mohamed "psl"), fuit l'Arabie en 786 pour échapper au massacre de sa famille par les Abbassides. Il se réfugia à Volubilis (Méknès) au Maroc, où il fut accueilli par la tribu berbère des Awrabas. Il fonda la ville de Fès en 789.
2. La fondation idrisside et la Mosquée d'Agadir.
En 790, Idriss 1er franchit la Moulouya et arriva au porte de Tlemcen, alors sous le contrôle des Maghraouas et des Ifrenides. Ces derniers, autrefois alliés de la reine Kahina lors de la conquête musulmane, finirent par se soumettre. Il séjourne dans la ville pendant plusieurs mois et c'est à cette époque qu'Idriss 1er posa les fondations de la mosquée d'Agadir "Masdjid Attia", la première mosquée construite au Maghreb Central. Idriss 1er y fit édifier un minbar (chaire) portant son nom. Les Idrissides régnèrent sur Tlemcen de 790 à 931. Une autre version de l'histoire, suggère qu'Abu Qurra aurait invité Idriss 1er à Tlemcen.
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Mosquée Agadir (Tlemcen) |
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| Mosquée Agadir (Tlemcen) |
La ville connut un renouveau, se transformant en un centre urbain important doté de bazars, de mosquées, des moulins et même une église fréquentée par les chrétiens, signe d'une tolérance religieuse persistante, selon les descriptions d'Al-Bakri. Elle devint également un point de rencontre pour les marchands venus de tout le pays. Elle se dote d'une enceinte défensive à cinq portes.
Idriss 1er retourna au Maroc et désigna son frère Mohamed Ibn Souleylan comme gouverneur d'Agadir.
Craignant l'expansion du royaume Idrisside, le Calife Abbaside Haroun Al Rachis envoya un alchimiste, Souleyman Ibn Jarir Ash-Shamakh, pour assassiner Idriss 1er, qui fut empoisonné en 791.
Idriss II, fils d’Idriss 1er et de Kenza El Awrabia, femme berbère des Awrabas, fut proclamé sultan du Maroc en 804, à l'âge de 11 ans.
En 814, il s'installa à Tlemcen pendant 3 ans, élargissant son royaume vers le sud et l'est. Il reconstruisit également la mosquée d'Agadir avant de retourner à Fès.
En 931, Moussa Ibn Abi El Affia, allié des Fatimides, marcha sur Agadir (Tlemcen) et détrôna le gouverneur Idrisside, El Hassen, fils d'Abu el Aïch, qui se retira à Melilla. Les Fatimides régnèrent sur Tlemcen jusqu'en 955.
L'Ifrinide Yala Ibn Mohamed, chef berbère et allié des Fatimides, obtint la gouvernance de la ville. Cependant, soupçonné de trahison par les Fatimides, il fut assassiné par Jawhar Al Siqili, chef des Fatimides, ce qui déclencha un conflit dans la région. Les Maghraous et Banou Ifren s'unirent et expulsèrent les Fatimides.
Ziri Ibn Attia, chef des Berbères Maghraouas, originaire des Aurès, s'allia aux Zirides et profita du déclin des Idrissides pour prendre Fès et chasser Uddou, chef des Banou Ifren après l'assassinat de Yala Ibn Mohamed. Fès devint parla suite la capitale.
En 1068, les Banou Ifren furent attaqués par les Almoravides et les Hilaliens. Abu Soda, émir berbère des Banou Ifren de Tlemcen, les combattit, mais subit une défaite. L'ensemble de Maghreb passa sous le contrôle des Almoravides et des !Hilaliens.
Youcef Ibn Tachfine, père d'Ali Ben Youcef, est le premier sultan de la dynastie berbère de Almoravides. Né entre 1006 et 1009, il appartenait à la tribu berbère Sanhadjien des Lentouna, dans la région d'Adrar. Il est le fondateur de la ville de Marrakech vers 1070 et l'époux de Zineb Nafzaouia, reine de Marrakech.
3. La révolution urbaine almoravide : Tagrart.
L’année 1079 marque une rupture fondamentale avec la conquête de la ville par Yusuf ibn Tashfin, le chef sanhadjien de l'Empire almoravide. Après l'installation des Almoravides en 1080, Tagrart ("le camp" en langue berbère), une ville situé près de Tlemcen (Agadir) et devint la seconde capitale de l'empire almoravide après Marrakech. C'est à cette époque que le nom de "Tilimcen" commença à être employé.
La fusion progressive d'Agadir la vieille ville et de Tagrart la cité princière donne naissance à la structure bipolaire de Tlemcen et c'est durant cette période que la Grande Mosquée de Tlemcen fut achevé en 1136 par Ali Ben Youcef, calife de la dynastie berbère des Almoravides. Ce lieu de culte emblématique, qui est un chef-d’œuvre de l'art mauresque, avec ses arc et ses motifs géométriques raffinés, et dont la nef centrale et le mihrab témoigne de la finesse des architecte andalous.
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| Grande Mosquée de Tlemcen |
4- Le califat Almohade : L'unification du Maghreb.
La chute des Almoravides en 1145, lors d'une bataille décisive près de Tlemcen, ouvre l'ère almohade. Abd Al Mumin, le premier calife de la dynatie de Almohades, est un enfant du pays, né en 1094 à Tagra près de Nedroma. Il détruisit la ville et fit massacrer ses habitants. Les Almohades fortifièrent Tagrart et Agadir (Tlemcen), l'une étant habitée par les officiels et l'autre par le peuple.
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| L'Afrique du Nord environ 1190 EC, le Califat almohade |
Sous les Almohades, Tlemcen devint une capitale provinciale de premier ordre. Abd Al Mumin, bien que résident à Marrakech, entretiens des liens profonds avec sa terre natale. La cité voit alors son rayonnement intellectuel s'accroître, attirant des savants, comme le mathématicien Al-Abili, (Abu Abd Allah Al-Abili) né en 1282 à Tlemcen. C'est également à cette époque que le soufisme commence à s'enraciner avec le séjour de Sidi Boumédienne (Abu Madyan), qui mourra près de la ville en 1197-1198.
Les Almohades construisirent des châteaux, des palais, de grandes maisons, des fondouks, consolidèrent les remparts, frappèrent leur monnaie et construisirent un port à Honaine pour le commerce transafricain et méditerranéen. Ce port dynamisa les échanges avec l'Afrique subsaharienne, notamment pour l'or et les esclaves, et avec les cités méditerranéenne pour les produits manufacturés. Tlemcen devient la capitale du Maghreb central.
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Dinar almohade de Abu Hafs `Umar Al-Murtada |
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| Honaine |
5- L'apogée Zianide : Tlemcen comme capitale souveraine (1235-1554).
L'effondrement de l'empire almohade, Tlemcen se révolta contre le calife de Marrakech, ce qui permis à Yaghmoracen Ibn Ziane, chef de la tribu Zénète des Banu Abd al-Wab et fondateur de la dynastie Zianide, de fonder en 1235 le Royaume de Tlemcen. Pendant trois siècles, les Zianides feront de la ville l'une des cité les plus brillantes de l'islam occidental.
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| Yaghmoracen Ibn Ziane |
1. Puissance politique et commerciale.
Le royaume de Tlemcen connut alors une ère de prospérité, sa population atteignant les 100 000 habitants, point de convergence des routes commerciales transsahariennes apportant l'or et l'ivoire,et des routes méditerranéennes. La ville exporte ses propres produits industriels: des textiles de laine réputé, des cuirs travailles, des selles et des tapis de haute qualité. La construction du palais El Mechouar débuta à cette époque, en 1248. Ce palais, avec ses cours intérieures luxuriantes et ses décorations complexes, devint le cœur du pouvoir zianide. Cette citadelle fut édifiée en 1145, sur l'emplacement où le roi Almohade Youcef Ibn Tachfine avait planté sa tente lors du siège de Tlemcen (Agadir).
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Youcef Ibn Tachfine |
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| Palais El Mechouar |
2. Le rayonnement intellectuel et la figure d'Ibn Khaldoun.
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By Stephen Album Rare Coins - https://www.numisbids.com/n.php?p=lot&sid=3628&lot=374, CC BY-SA 4.0, |
6- Les guerres mérinides et l'épopée de Mansourah.
1. Le grand siège de 1299-1307 et la naissance de Mansourah.
En 1299, le sultan mérinide Abu Yakub Yusuf Al Nasr assiégea Tlemcen. Face à la résistance désespérée des assiégés qui dure huit ans, il ordonne la construction d'une ville de siège à l'ouest des murailles de Tlemcen. Baptisée Mansourah ("La victorieuse"). Au début du siège, un simple camp fut installé, mais sa durée incita le sultan à faire construire des demeures pour lui et les chefs de son armée. Cette cité se dote d'un palais, d'une grande mosquée et de murailles imposantes , dont le minaret de 38 mètres de haut reste aujourd'hui l'un des vestiges les plus emblématiques de l'Algérie. Le siège prend fin de façon inattendue le 13 mai 1307 avec l'assassinat du sultan mérinide par un esclave, entraînant le repli immédiat des troupes vers Fès.
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| Mansourah-tlemcen-algerie |
2. L'occupation de 1337 et le Coran de Cordoue.
Un second siège, mené par le sultan Abu al-Hasan ben Uthman , surnommé le sultan noir, entre 1335 et 1337,une opération militaire fut lancée contre Tlemcen par Abu Al Hassan Ben Uthman, surnommé le sultan noir. Le siège dura 2 ans. Le roi Abu Tachfine, cinquième sultan Zianide, et ses 3 fils périrent au combat en 1337. Abu Tachfine fut édifier la Medersa Tachfinya vers 1327, près de la Grande Mosquée. Elle sera détruite en 1870 par les Français pour y construire une mairie. Les Mérinides occupent la ville jusqu'en 1348, puis de nouveau entre 1352 et 1359, sous Abou Iman Faris Ben Ali, successeur de son père Abu Al Hassan Ben Uthman (le sultan noir)en 1348. Il fut étranglé par son vizir le 27 novembre 1358. En raison de sa position centrale au Magreb, Tlemcen fut disputée entre les royaumes Mérinide et Hafside.
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| Porte Madrasa Tashfiniya |
C'est durant cette période d'occupation que le destin du "Coran de Cordoue" est scellé. Ce manuscrit inestimable, attribué au calife Uthman Ibn Affan (3ème calife de l'islam, beau-fils et compagnon du prophète Mohamed "psl",) et taché de son sang, avait été capturé par les Zianides sur les Almohades en 1248 lors de la bataille près d'Oujda. Les Mérinides s'en emparent en 1337 et le ramène au Maroc comme trophée et gage de légitimité califale.Ce trésor disparaîtra tragiquement lors d'un naufrage en mer en 1348, alors que le sultan Abu al-Hasan fuyait la Tunisie après sa défaite à Kairouan.
Les Mérinides tentèrent d'occuper Tlemcen à plusieurs reprises en 1360 et 1370, sans parvenir à s'y établie durablement. A la fin du 15e siècle, les Hafsides imposèrent leur suzeraineté au souverain de Tlemcen.
En 1370, une guerre éclata entre Tlemcen et Fès. Ibn Khaldoun se réfugia auprès du sultan Zianide Abou Hammou Moussa III, né en 1323 en Andalousie. Ibn Khaldoun fut nommé vizir de la cour, l'un des plus hauts poste qui lui ait été attribué. Son séjour à Tlemcen fut une période importante pour lui. Il enseigne à la Medersa Al Khaldounia, construite en 1347 par le sultan noir, située dans le quartier d'El Eubad,à proximité de la mosquée de Sidi Boumédienne, elle même construite par le même sultan en 1339. La mosquée de Sidi Boumédiène, avec son décor raffiné et son minaret élancé est un exemple remarquable de l'architecture religieuse de l'époque.
7- Le patrimoine architectural :La Médersa Tachfinya et le culte de Sidi Boumédienne.
L'architecture tlemcénienne de l'époque Zianide représente le sommet de l'esthétique maghrébo-andalouse.
1. La Médersa Tachfinya : Un chef-d'oeuvre perdu.
Fondée vers 1320 par Abou Tashfin Ier, la Médersa Tachfinya ( ou al-Madrasa al-Jadida) était située à proximité immédiate de la Grande Mosquée. Célèbre pour sa décoration de Zelliges aux motifs floraux et géométriques d'une complexité absolue, elle servait à loger les étudiants tandis que les cours étaient dispensés dans la mosquée voisine. Spatialement, elle s'organisait autour d'une cour rectangulaire dont les proportions rappelaient les palais andalous comme l'Alhambra. Sa démolition par les autorité françaises en 1876, malgré son classement comme monument historique, constitue l'une des pertes patrimoniales les plus graves de l'histoire de la ville.
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Zellige de la Madrasa Tachfiniya de Tlemcen By Riad Salih - Own work, CC BY 4.0, |
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Mairie de Tlemcen |
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| Plan de la Medersa Tachfinya |
Le sultan Zianide de Tlemcen fit construire des mosquées et des Medersas, et œuvra au développement de la religion, des études arabes et des sciences religieuses. Des concours de poésie étaient organisés dans le palais où étaient reçus des ambassadeurs et des souverains.
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| Haïk de Tlemcen |
Les habitants de Tlemcen se consacraient à la production de haïks et à la confection de vêtements fins, ce qui valut aux Tlemceniens la réputation dont ils jouissent encore aujourd'hui. L'artisanat du cuivre, ou dinanderie, était également très développé, avec des ateliers produisant des plateaux, des vases et des lampes finement décorés.
2. Le complexe de Sidi Boumediene à El Eubbed.
Le site d'El Eubbed abrite le mausolée de Sidi Boumédiene, saint patron de la ville.LE complexe, développé par les Almohades puis enrichie par les Mérinides (notamment le portail monumental de 1339), comprend une mosqué en une médersa et un hamman. C'est un lieu où la piété populaire s'exprime à travers les rituels du soufisme, faisant de Tlemcen un pôle de spiritualité majeur en Afrique du Nord.
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Mausolée de Sidi Boumediene, Tlemcen, Algérie By Bernard Gagnon - Own work, CC BY 4.0, |
8- L'air des corsaires et la domination ottomane.
Le XVIe siècle marque le déclin de la souveraineté zianide,prise en étau entre l'impérialisme espagnol et l'expansion ottomane menée par les frères Barberousse.
1. Arudj Barberousse et la défense de Tlemcen.
En 1516, le souverain Zianide Abou Abdallah Mohamed mourut sans laisser de successeur. Après avoir emprisonné le frère aîné du défunt roi, l'émir Abou Zeyane, son oncle Abou Hammou Moussa devint souverain et accepta de devenir le vassal du roi d'Espagne, ce qui provoqua la colère de la population, qui appela à son secours Arudj Barberousse, un corsaire qui fut proclamé sultan d'Alger.
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| Aruj Barberousse |
En 1518, Aruj Barberousse s'empare de Tlemcen. Il rétablit Abou Zeyane sur le trône, et Abou Hammou Moussa prit la fuite et demanda aide et vengeance aux espagnols basés à Oran. Ils attaquèrent Tlemcen sous le commandement de Don Martin d'Argote. Après avoir pris Kalâa et tué Ishâq, le fils d'Arudj Barberousse, Tlemcen passa sous la souveraineté du gouverneur espagnol d'Oran. Assiégé pendant 6 mois dan le Méchouar, Arudj Barberousse tente une sortie désespérée mais il fut tué après 6 mois de combat près de la rivière Salado (Oued Melah) en mai 1518.
2. La régence d'Alger et les Kouloughlis.
Tlemcen fut définitivement prise par Salah Raïs et devint ottomane en 1551, après que le dernier roi, Moulay Hassan, se fut réfugié à Oran. Cela marqua la fin de la dynastie Zianide. La ville perd son statut de capitale mais demeure un centre militaire stratégique. La présence turque modifie la sociologie de la ville avec l'émergence des Kouloughlis, nés de mariages entre soldats turcs et femmes locales. Ces derniers occupent principalement le quartier du Méchouar. En 1553, Salah Rais utilise Tlemcen comme base pour lancer ses opérations contre les Saadiens au Maroc, illustrant le rôle de la cité comme rempart occidental de la régence.
Durant toute la périodes Zianide, la population de Tlemcen était d'environ 125 000 habitants. Elle diminua jusqu'à environ 6 000 lors de la conquête française. Pendant la colonisation française, Tlemcen connut des transformations urbaines et architecturales importantes, avec la construction de bâtiments de style européen. La ville joua également un rôle dans la résistance algérienne, en tant que centre nationaliste.
Tlemcen était considérée comme la ville la plus civilisée du Maghreb. Les Zianides étaient connus pour leur tolérance. Tlemcen était d'ailleurs la seule ville musulmane où les juifs s'étaient installés et où le sultan leur avait même permis de construire un temple. Les Zianides donnèrent à Tlemcen une réputation brillante qu'elle conserve encore aujourd'hui.
Aux côtés de la population autochtone de souche, dite des Hadaris, se trouvaient les Kouloughlis, issus d'union entre ottomans et femmes locales, qui formaient une majorité de la population et avaient leur propre administration.
Aujourd'hui, Tlemcen demeure une ville animée, marquée par une forte activité commerciale et artisanale. Le tourisme y est en plein essor, attirant des visiteurs du monde entier désireux de découvrir son riche patrimoine historique et culturel. La ville continue de rayonner comme un symbole de la diversité et de la richesse de l'Algérie.
Voir aussi :
SUITE TLEMCEN FRANCAISE
TLEMCEN CULTURE ET PATRIMOINE - Musées, musiques et danses.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Littérature et archéologie.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Tenues traditionnelles de Tlemcen.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Bijoux.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Fantasia.
TLEMCEN ET SON PATRIMOINE - Monuments et gastronomie
Chronologie des évènements clés de Tlemcen.
Paléolithique : Premières industries lithiques à Ouzidan et au lac Karar. -14000 ans : Ocupation épipaléolithique des grottes de Tafessera. Néolithique : Haches polies de Boudghène et polissoire de Bab El Qarmadin. 2e s. - 429 : Période romaine, Castrum de Pomaria. 429 : Arrivée des Vandales; émergence d'Agadir (Tlemcen).469 - 651 : Inscriptions chrétiennes retrouvées à Agadir (Tlemcen).484 : L'évêque Honoratus exilé par le roi vandale Huneric.708 : Conquête arabe de la région.765 : Révolte d'Abou Qurra ; Tlemcen capitale kharidjite.790 : Idriss Ier prend Agadir (Tlemcen) et fonde la mosquée-cathédrale.798 - 831 : Domination de la dynastie Idrisside.1058 : Défaite des Banou Ifren face aux Hammadides et Hilaliens.1079 - 1081 : Yusuf ibn Tachfin conquiert Agadir (Tlemcen) et fonde Tagrart.1136 : Achèvement de la Grande Mosquée de Tlemcen.1145 : Victoire Almohade sur les Almoravides près de Tlemcen.1147 : Prise de Marrakech ; Abd al-Mu'min calife Almohade.1163 : Décès d'Abd al-Mu'min à Salé.1197 - 1198 : Mort de Sidi Boumédiene près de Tlemcen.1235 - 1236 : Yaghmurasen Ibn Zyan fonde le Royaume de Tlemcen. 1248 : Capture du Coran de Cordoue par les Zianides.1248 : Premier grand siège mérinide; fondation de Mansourah.v. 1320 : Construction de la Médersa Tachfinya.1335 - 1337 : Second siège mérinide ; mort d'Abou Tachfin Ier.1337 : Vol du Coran de Cordoue par les mérinides, conservé au Maroc comme trophée.1339 : Construction du portail de Sidi Boumediene par les Mérinides.1348 : Disparition du Coran de Cordoue en mer. 1359 - 1389 : Règne du sultan Abou Hammu Musa II.1364 : Construction de la Mosquée de Sidi Brahim El Masmoudi.1368 - 1370 : Séjour d'Ibn Khaldoun comme chambellan à Tlemcen.1379 : Assassinat de Yahia Ibn Khaldoun à Tlemcen.1509 : Prise d'Oran par les Espagnols ; déclin zianide.1518 (mai) : Mort d'Aruj Barberousse an défendant Tlemcen.1551 : Tlemcen rattachée à la régence d'Alger (Ottomans).1553 : Campagnes de Salah Rais vers Fès depuis Tlemcen.1554 : Annexion définitive du Royaume zianide par Alger.
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